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23 août 2020

Kamminga gets five titles at the Dutch inline championships


Manon Kamminga was dominant at the 2020 Dutch inline championships held last weekend.

By Jackob Savard
Picture: Jaap Hop (from a previous competition)

Some of the best Dutch inline speed skaters were in Heerenveen and Wolvega to compete for the 2020 Dutch champion titles both on the track and on the road. For this competition, the Junior A skaters competed with the seniors.


Five in six for Kamminga
Manon Kamminga was almost perfect during the weekend winning five of the six races she started. The only event she didn’t win was the 500m in which she helped Lianne van Loon get the title. She voluntarily stopped skating for a moment thus blocking the other skaters in the race to let van Loon escape and win. Kamminga is van Loon’s coach and they had agreed on that tactic before the race. Maya de Jong and Bente Kerkhoff, the other finalists, were both disappointed about the way the race went.

Two wins for Kwant
Rémon Kwant was one of the best sprinters of this championship. The 25-year-old Dutchman won the 200m and the one lap sprint. In addition to these two titles, he also took two bronze medals in the 500m and 1000m.

Rick and Kay Schipper fill up on medals
Rick and Kay Schipper's names were on everyone's lips last weekend as they collectively won 7 medals, including three Dutch titles. In the 1000m and 500m, Rick took the coveted titles, while Kay skated a near-perfect elimination race to take home the honours in that distance.

Surprise victory for junior Christian Haasjes
Young Christian Haasjes was initially supposed to help his brother Ronald win the track points race, but as the race progressed, the 18-year-old skater found himself in a better position than his brother to win and didn't miss his chance. Haasjes finished the race with 17 points to win the title. Kay Schipper finished second with 11 points and Ronald Haasjes third with 10 points. This makes a junior skater currently holding the title of Dutch Champion in the points race. 

Ter Haar champion in the road points race
The experienced Luc ter Haar won the only race in which he took part, the points road race collecting 14 points. His closest rival Tom den Heijer finished with 9 points.

The marathon and 100m sprint Dutch champions will be held next week.

Full results are available HERE (Uitslagen)

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Kamminga remporte cinq titres aux championnats néerlandais de roller


Manon Kamminga a dominé le championnat néerlandais de roller 2020 qui s'est tenu le week-end dernier.

Par Jackob Savard
Photo: Jaap Hop (lors d'une précédente compétition)

Plusieurs des meilleurs patineurs de vitesse néerlandais étaient à Heerenveen et à Wolvega le weekend dernier pour se disputer les titres de champions des Pays-Bas 2020 sur piste et sur route. Les patineurs juniors A et les seniors étaient dans la même catégorie pour cette compétition.


Cinq en six pour Kamminga
Manon Kamminga a été presque parfaite pendant le week-end en remportant cinq des six courses auxquelles elle a participé. La seule épreuve qu'elle n'a pas gagnée est le 500m où elle a aidé Lianne van Loon à remporter le titre. Dans la finale, Kamminga s’est volontairement arrêté de patiner pendant un moment, bloquant ainsi les autres patineuses dans la course pour laisser van Loon s'échapper. Kamminga est l'entraîneure de van Loon et les deux patineuses s'étaient mises d'accord sur cette tactique avant la course. Maya de Jong et Bente Kerkhoff, les autres finalistes, ont toutes deux été déçues du déroulement de la course. 

Deux victoires pour Kwant
Rémon Kwant a été l’un des meilleurs sprinteurs de ce championnat. Le Néerlandais de 25 ans s’est imposé sur 200m et au sprint d’un tour sur route. En plus de ces deux titres, il s’est aussi emparé de deux médailles de bronze sur 500m et 1000m.

Rick et Kay Schipper font le plein de médailles
Les noms de Rick et Kay Schipper étaient sur toutes les lèvres le weekend dernier alors qu’ils ont remporté ensemble 7 médailles, dont trois titres de champion des Pays-Bas. Sur 1000m et 500m, c’est Rick qui a décroché les titres tant convoités alors que Kay a offert une performance frôlant la perfection à la course à élimination pour remporter les grands honneurs de cette distance.

Victoire surprise pour le junior Christian Haasjes
Le jeune Christian Haasjes devait initialement travailler pour aider son frère Ronald à remporter la distance, mais au fur et à mesure que la course avançait, le patineur de 18 ans s’est retrouvé en meilleure posture que son frère pour l'emporter et n’a pas manqué sa chance. Haasjes a conclu la course avec 17 points pour remporter son premier titre de champion néerlandais senior. Kay Schipper a terminé deuxième avec 11 points et Ronald Haasjes troisième avec 10 points. C’est donc un patineur junior qui détient maintenant le titre de champion des Pays-Bas à la cours à points. 

Ter Haar champion de la course à points sur route
L’expérimenté Luc ter Haar a remporté la seule course à laquelle il a pris part, soit la course à points sur route ou il a récolté 14 points. Son plus proche rivale Tom de Heijer a terminé la course avec 9 points.

Les champions néerlandais du marathon et du 100m seront couronnés le 29 août.

Les résultats complets sont disponibles ICI (Uitslagen)

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8 avril 2020

Ce qui compte vraiment


Un texte de Rémi Beaulieu
Photos: Andréa Pok et collection personnelle de Rémi Beaulieu

Mon premier voyage international pour représenter le Canada n’a pas été une coupe du monde. J’étais avec une dizaine d’autres patineurs. Nous avions environ 20 ans et nous étions membres de l’équipe nationale de développement et remplis d’ambitions. Notre entraîneur à l’époque, le Hongrois Janos Englert, désirait nous faire voyager afin de nous préparer à compétitionner à l’extérieur de notre continent.
Nous sommes donc parties, direction l’Europe. Le plan était de participer à deux compétitions, une Star Class en France et la Alta Valtellina, en Italie. Nous devions faire la route entre les deux villes, ce qui demande de traverser une partie de l’Europe du nord au sud à travers les Alpes, en voiture.

Lorsque j’étais adolescent, le patinage de vitesse courte piste n’était pas un sport dont tu pouvais réellement espérer vivre. Loin de moi était l’idée de devenir un jour membre de l’équipe nationale d’une des plus grandes puissance au monde. Loin de moi était l’idée que le patin me ferait voyager sur d’autres continents.

En tant que jeune sportif, j’étais comme tous les autres. J’avais le désir de gagner, de devenir meilleur, d'aller le plus loin possible. J’étais stressé par mes performances mais concentré sur mes performances.


Ce voyage en Europe n’avait aucune signification au niveau des résultats. Qu’importe, il est facile d’oublier le moment présent et de tomber dans les abysses du désir de performer à tout prix. Tous les athlètes doivent se battre face à cet équilibre. Des fois nous gagnons, des fois nous perdons.


La deuxième semaine de notre voyage était à Bormio, un petit village Alpin dans le nord-ouest de l’Italie. Nous logions dans une petite auberge. L’aréna était située à un petit dix minutes de marche plus bas dans le village.

J’ai grandi dans une petite ville du nord du Québec. J’ai dû m’exiler jeune afin d’aller m'entraîner dans la grande ville. Pour moi, le fait d’avoir à quitter ma famille et mes amis a façonné le reste de ma carrière. J’avais de l’ambition. Par contre, à aucun moment je n’avais pensé un jour me retrouver dans un petit village italien. Arrivé devant l’aréna en provenance de notre auberge, on se retrouve face à la vallée. Je me souviens de ce moment comme si c’était hier.

Avant d'entrer, j’ai voulu prendre une minute afin d’apprécier le moment. La vue sur la vallée et les montagnes majestueuses. L’air frais. L’odeur des arbres. Le fait que j’étais là, sur un autre continent, face au paysage le plus extraordinaire que j’avais jamais vu. Surtout, le fait que la seule chose que j’avais à faire dans ma journée était d’aller faire des courses. En patin.

Aujourd'hui encore, en fermant les yeux, j’ai la vue, l’odeur et le sentiment que j’ai éprouvé à ce moment.

Après ce voyage, je n’ai jamais eu de médailles accrochées chez moi. À mon arrivée des compétitions, elles étaient placées dans une boîte, même celles gagnées en coupe du monde. Elles ont longtemps été dans un garde-robe, chez ma mère, mais mes souvenirs de voyage en France, en Allemagne, en Chine, au Japon, les images, les odeurs, les émotions, les amitiés sont toujours avec moi.

Rémi Beaulieu
Kinésiologue. 12X Médaillé en Coupe du Monde en patinage de vitesse courte piste pour Équipe Canada. Entraineur de patinage de vitesse depuis 6 ans du niveau régional au
niveau international.
Site web : remibsc.com

What really counts


A text by Rémi Beaulieu
Photos: Rémi Beaulieu's personnal collection and Andrea Pók

My first international trip to represent Canada was not for a World Cup. I was with a dozen other skaters,  all about 20 years old and we were members of the national development team at the time. Our coach, Hungarian Janos Englert, wanted to take us on a journey to prepare us to compete overseas.

So we flew to Europe. The plan was to compete in two competitions, a Star Class in France and the Alta Valtellina Trophy in Italy. We had to drive between the two cities, which required crossing part of Europe from north to south, through the Alps, by car.

When I was a teenager, I never thought it was possible to make a living out of short track speed skating. I never even thought that one day I could become a member of the Canadian national team, one of the best teams in the world at the time or that skating would take me to other continents. 

I was like every other young athlete. I had the desire to win, to become better, to go as far as possible and although the desire to give great performances brought me a lot of stress, performing was all I had in mind.


This trip to Europe had no real value in terms of results. It's easy to forget the present moment and fall into the abyss hiding behind the desire to perform at all costs. All athletes must fight to find balance. The reality is that you win some and lose some.

The second week of our trip was in Bormio, a small Alpine village in the northwest of Italy. We were staying in a small hostel. The arena was located a short ten minutes walk down the village.

I grew up in a small town in northern Quebec and had to leave home at a young age to train in Montreal. Having to leave my family and friends shaped the rest of my career. I had ambition but at no time did I thought skating would get me to a small Italian village. I remember the view we had facing the valley when we arrived in front of the arena from our hostel. This moment is clear in my mind as if it was yesterday. 
Before getting inside, I wanted to take a minute to appreciate the moment. The view on the valley. The majestic mountains. The fresh air. The trees' smell. The fact that I was there, on another continent, facing the most extraordinary landscape I had ever seen. I also wanted to take a moment to realise that the only thing I had to do that day was get on my skates and race. Even today, when I close my eyes, I still have the sight, the smell and the feeling that I had at that moment.

After that trip, I never had any medals hanging in my house. When I arrived from any competition, they were placed in a box, even the ones I won in World Cup events. They've been in a closet at my mother's house for a long time but my memories of traveling to France, Germany, China, Japan, the images, the smells, the emotions, the friendships they are always with me.

Rémi Beaulieu
Kinesiologist. 12X World Cup medallist in short track speed skating for Team Canada. Speed skating coach for 6 years from regional level to international level.
Website: remibsc.com


16 mars 2020

Lara van Ruijven: "I hope when the time comes, someone will tell me ‘It was nice, but now you’re done!’"


Lara van Ruijven is one of the reasons why the women’s short track team in the Netherlands is presently at its golden age and she hopes she can still have a positive impact on the team for a few more years.

By Carl Savard
Photos by Danny Kim, Oscar van den Bosch and Lara van Ruijven's personnal collection

Lara van Ruijven was a bit shy when we started chatting. From the get go, she told me she was a bit nervous when answering questions in english. The Dutch athlete says her french was good when she was young but she lost it and she then learned english in high school. After a few minutes of small talk and basic questions, it became evident that her english was much better then she made it sound and I was able to get to know more about the 2019 500m world champion. 

Born in Naaldwijk, a small community sitting just outside of The Hayes, Lara van Ruijven’s debut on the ice happened at a young age. “Speed skating entered my life when I was six years old. I started in long track and a friend of mine, Adwin Snellink, was skating too. One day our parents were chatting and talked about the possibility of me trying short track. I tried it and never went back to long track other than to work on things that could help me in short track.” Van Ruijven grew up in a family where sport was important. “I grew up playing soccer, tennis, practicing short track and field hockey. My father used to be a cyclist when he was young and my mom played tennis. My older brother was also playing field hockey. I was part of an active family. When I was about 10 years old, one of my dream was already to be olympic champion but I didn’t know if it was going to be in short track or field hockey. When I was seventeen I was invited to join the training center in Heerenveen and it’s at that moment that skating became more serious. At the time, I was in my last year of high school and I felt kind of sad that I had to move to another school to join the program and miss my graduation ball, but there was no way I was going to decline the invitation.” 



Moving to Heerenveen and joining the national team meant being trained by Jeroen Otter, arguably the best coach in the short track world at the moment. “Jeroen is always telling you the truth, even the things you don’t want to hear. He is really straightforward and doesn’t care if it’s something nice or not and it’s a good quality in a coach. He always wants to evolve and he doesn’t likes routine. He’s always looking for new things to help us get better like having skaters from other countries training with us. Some people are afraid to share their ways of training but I don’t think there are really big secrets surrounding it. I think it’s a great way to learn and it pushes you to get better. I also like the fact that we are with the boys on the ice during training. I can’t imagine being only with the girls. Even just for the atmosphere it’s great. Boys are more relaxed in training, they make jokes, releasing the pressure and I think it’s good.”

During the discussion, we talked for a moment about how much the program has evolved since she joined. “I remember when I joined the team, we were not that good in the relay even though the young ones joining now see us as a top team. We had to work hard. I remember we couldn’t follow in the relay and in the last ten laps there was always a gap between us and the leaders. Now the young skaters know that if they join the team there is a good chance they are going to skate for an A final.”  Other than the relay results, van Ruijven's career also grew fast. After starting by being a great relay athlete and eventually climbing the individual rankings, 2019 saw the 27-year-old become world champion. While working towards reaching the top is hard, staying there is even more difficult. “When I got back to training I was more relaxed than the previous season. Instead of thinking ‘I had a good season but didn’t get the medals and need to do more’ I was thinking “Oh I did it!’ and maybe that’s why at the beginning of the season I wasn’t as hungry as I used to be in the previous seasons and didn’t give the extra push needed to win. Even though everyone told me I would feel the pressure now that I had become a world champion, I didn’t really. I love the competition even though I’m always so nervous when the season starts. I’m not a beast in training and I have difficulties knowing where I stand when I’m not competing so competition feels good.”



Talking about competition, the men’s 500m has always been seen as the big show in short track, but for the last two seasons, the women’s 500m has been just as amazing. As reigning world champion on the distance, van Ruijven has to battle against the strongest group of women to ever race the distance in Martina Valcepina, Yara van Kerkhof, Natalia Maliszewska, Qu Chunyu, Fan Kexin and world record holder Kim Boutin. “It’s super fast right now and more women are performing at a higher level. It’s exciting for the fans but it’s exciting for the skaters too. It feels good just being in an A final now.”

With the season that just ended abruptly, we now are more than halfway through the olympic cycle leading to Beijing 2022. Like most athletes competing in an olympic driven sport, Lara van Ruijven’s focus is set on the Games. Although she seems to be reaching her peak, she also feels like her career is closer to the end than the beginning. “I can’t see myself still skating when I’m 34 like Charles Hamelin or Viktor Ahn. When I went to the Sochi Olympics I knew I was going to help the relay and was skating the 500m but I was not that good and thought ‘Next Olympics in Pyeongchang I’m going to skate the 500m again and win a medal and quit” but it didn’t go as planned. After Pyeongchang I didn’t feel like quitting despite not getting the results I had in mind. I felt I still could do much better. So now, I’m working on Beijing with the same goal of winning and I’ll evaluate what I do after the Games. Maybe I’ll skate one or two seasons after Beijing 2022 and then concentrate on studying law. I know now I’ll quit when I feel like I can’t get better but right now I’m still having fun. I discovered in the last few years that you can have plans but it doesn’t really mean anything. You can’t know in advance what is going to happen in your personal life and your athlete’s life. I don’t want to have a pathetic ending to my career. I hope when the time comes someone around me will tell me ‘Lara, quit! It was nice but now you’re done!’”

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Lara van Ruijven: "J'espère qu'en temps opportun quelqu'un saura me dire 'C'était bien, mais c'est le temps d'arrêter!'"


Si l’équipe féminine néerlandaise en patinage de vitesse courte piste est présentement à son âge d’or, c’est en partie grâce au brio de Lara van Ruijven. Cette dernière espère bien continuer d’avoir un impact positif sur les résultats de son équipe pour quelques années encore. 

Par Carl Savard
Photos par danny Kim, Oscar van den Bosch et collection personnelle de Lara van Ruijven

C’est de façon un peu timide que mon entretien avec Lara van Ruijven a débuté. D’emblée, elle a tenu à me dire qu’elle était un peu gênée lorsqu’elle devait répondre à des questions en anglais. Nous avons donc débuté l’entretien de manière relaxe, à jaser de tout et de rien. Elle m’a confié qu’étant jeune elle parlait bien le français mais qu’avec le temps elle a oublié. Elle a par la suite appris l’anglais à l’école secondaire et je me suis rapidement rendu compte que son anglais était bien supérieur à ce qu’elle laissait sous-entendre. J’ai donc passé quarante belles minutes à discuter avec la championne du monde 2019 sur 500m. 

Native de Naaldwijk, une petite agglomération en banlieue de La Haie, les débuts sur glace de la petite Lara ont eu lieu à l’âge de six ans. C’est sur l’anneau de 400m qu’elle a chausser les patins pour la première fois. C’est suite à une discussion entre ses parents et ceux d’un ami habitant sur sa rue (Adwin Snellink qui joindra lui aussi plus tard l'équipe nationale) que la transition vers le courte piste s’est enclenchée. «Je me souviens que je n’étais pas très bonne en longue piste. Après avoir essayé en courte piste, je ne suis jamais retournée à la longue piste à part pour entraîner les aspects qui pourraient m’aider en courte piste.» Dans la famille de Lara van Ruijven, le sport a toujours été important. «J'ai grandi en jouant au soccer, au tennis, en pratiquant le hockey sur gazon et le patinage de vitesse. Mon père était cycliste quand il était jeune et ma mère jouait au tennis. Mon frère aîné jouait tout comme moi au hockey sur gazon. Je faisais partie d'une famille active. Quand j'avais environ dix ans, un de mes rêves était de devenir championne olympique un jour, mais je ne savais pas si ce serait en courte piste ou en hockey sur gazon. À dix-sept ans, j'ai été invitée à rejoindre le centre d'entraînement de Heerenveen et c'est à ce moment que le patinage est devenu plus sérieux. À l'époque, j'étais en dernière année à l’école secondaire et je me sentais un peu triste de devoir changer d'école pour rejoindre le programme et de manquer mon bal de fin d'études avec les amis avec qui j’étais allée à l’école tout mon secondaire, mais il n'était pas question que je décline l'invitation». 



Déménager à Heerenveen et joindre le giron de l’équipe nationale néerlandaise c’est entrer en contact avec Jeroen Otter, l’un des meilleurs coachs en courte piste sur la planète. «Jeroen vous dit toujours la vérité, même les choses que vous ne voulez pas entendre. Il est franc et ne passe pas par quatre chemins. C'est une bonne qualité pour un entraîneur-chef. Il veut toujours évoluer et il n'aime pas la routine. Il est toujours à la recherche de nouvelles façons pour nous aider à nous améliorer, comme entre autres le fait d'avoir des patineurs d'autres pays qui s'entraînent avec nous. Certaines personnes ont peur de partager leur façon de s'entraîner, mais je ne pense pas qu'il y ait de grands secrets autour de cela. Je pense que c'est une excellente façon d'apprendre et que cela vous pousse à vous améliorer. J'aime aussi le fait que nous soyons avec les garçons sur la glace pendant l'entraînement. Je ne peux pas m'imaginer être seulement avec les filles. Même juste pour l'ambiance, c'est génial. Les garçons sont plus détendus à l'entraînement, ils font des blagues, relâchent la pression et je pense que ça fait du bien à tout le monde.»

Le programme néerlandais a eu une progression constante et impressionnante mais Lara van Ruijven se souvient des débuts plus difficiles. «Même si les jeunes qui nous rejoignent maintenant nous voient comme une équipe de haut niveau, je me souviens que lorsque j'ai rejoint l'équipe, nous n'étions pas très bons dans le relais. Nous avons dû travailler dur. Je me souviens que nous ne pouvions pas suivre les autres équipes et dans les dix derniers tours, il y avait toujours un bon écart entre nous et les meneurs. Maintenant les jeunes patineurs savent que s'ils rejoignent l'équipe, il y a de bonnes chances qu'ils patinent pour une finale A.»  Outre les résultats aux épreuves de relais, la carrière de van Ruijven a également connu une croissance rapide. Après avoir été une grande athlète en équipe et avoir gravi les échelons des classements individuels, 2019 a vu l’athlète de 27 ans devenir championne du monde. S'il est difficile de travailler pour atteindre le sommet, il est encore plus difficile d'y rester. «Quand je suis revenue à l'entraînement après mon titre aux championnats du monde, j'étais plus détendue que la saison précédente. Au lieu de penser 'j'ai fait une bonne saison mais je n'ai pas eu les médaille et je dois en faire plus', je me disais 'Oh, j'ai réussi !' et c'est peut-être pour cela qu'en début de saison, je n'étais pas aussi affamée que les saisons précédentes. Je crois que je n'ai pas instinctivement donné l'effort supplémentaire nécessaire pour gagner. Même si tout le monde m'a dit que je ressentirais la pression maintenant que j'étais devenue championne du monde, ce ne fut pas vraiment le cas. J'aime la compétition, même si je suis toujours très nerveuse quand la saison débute. Je ne suis pas très bonne à l'entraînement et j'ai des difficultés à savoir où je me situe quand je ne suis pas en compétition, alors la compétition me fait du bien».



En parlant de compétition, les dernière saisons semblent avoir ramené le 500m chez les femmes à l’avant plan et la Néerlandaise est en partie responsable de l’engouement entourant l’épreuve. En temps que championne en titre, van Rujiven doit tenter de contenir les attaques du plus rapide groupe de sprinteuses de l’histoire en courte piste. Un groupe comptant dans ses rangs sa compatriote Yara van Kerkhof, Martina Valcepina, Natalia Maliszewska, Qu Chunyu, Fan Kexin et la détentrice du record du monde Kim Boutin. «C'est super rapide en ce moment et de plus en plus de femmes patinent à une vitesse folle  C'est excitant pour les fans mais aussi pour les patineuses. En ce moment, juste être en finale A devient une fierté.»

Avec la saison qui vient de se terminer abruptement en raison de la conjoncture internationale actuelle, la deuxième moitié du cycle Olympique en vue des jeux de 2022 est maintenant entamée. Comme la majorité des athlètes pratiquant un sport qui trouve sa gloire dans le mouvement olympique, Lara van Ruijven a le regard posé sur Pékin 2022. Même si sa carrière semble être à son apogée, à 27 ans van Ruijven sent qu’elle approche de la fin. "Je ne me vois pas encore patiner à 34 ans comme Charles Hamelin ou Viktor Ahn. Quand je suis allée aux Jeux olympiques de Sotchi, je savais que j'allais surtout aider au relais même si je patinais également le 500m. Je n'étais pas très bonne mais je me suis dit 'Aux prochains Jeux olympiques de Pyeongchang, je vais patiner à nouveau le 500m, gagner une médaille et mettre fin à ma carrière', mais ça ne s'est pas passé comme prévu. Après Pyeongchang, je n'ai pas eu envie d'arrêter, même si je n'avais pas obtenu les résultats espérés. Je sentais que je pouvais encore faire mieux. Alors maintenant, je travaille sur Pékin avec le même objectif de gagner et je vais évaluer ce que je ferai après les Jeux. Peut-être que je patinerai une ou deux saisons après Pékin 2022 et que je me concentrerai ensuite sur mes études en droit. J'arrêterai quand j'aurai l'impression de ne plus pouvoir m'améliorer, mais pour l'instant, j’ai encore du plaisir. Les dernières années m’ont prouvé qu’avoir un plan précis ça ne veut pas dire grand chose. On ne peut pas savoir à l'avance ce qui va se passer dans notre vie personnelle et dans notre vie d'athlète. Ce que je sais c’est que je ne veux pas que la fin de ma carrière soit pathétique. J'espère qu'en temps opportun quelqu'un saura me dire : 'Lara, arrête ! C'était bien, mais c'est le temps d'arrêter!'»!

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