Passion/Patin/Vitesse - Passion/Speed/Skating: Tifany Huot-Marchand

Colombia and France stand out in Ibagué

Inline speed skating world championships recap

La Colombie et la France se démarquent à Ibagué

Résumé des championnats du monde de roller 2021

The Canada Roller Marathon 2021: Moving forward

Canada Roller Marathon is back after 2020 hiatus

Le marathon roller du Canada 2021: Aller de l'avant

Retour du Marathon roller du Canada après une pause en 2020

Nos autres adresses / Our other spaces

Venez nous rejoindre! / Come and join us!

Pages

Aucun message portant le libellé Tifany Huot-Marchand. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Tifany Huot-Marchand. Afficher tous les messages

28 février 2020

Tifany Huot-Marchand: «Comme à la récréation quand on était petit.»


Native d’un petit village de cent habitants, Tifany Huot-Marchand était âgée de neuf ans lorsqu'elle s'est fait offrir par une voisine ayant fait du patinage de vitesse courte piste dans le passé, la possibilité de les accompagner elle et ses enfants faire une heure de voiture pour aller chausser les patins à Belfort. Une offre inattendue qui allait changer le cours de sa vie.

Par Carl Savard
Photos par Oscar van den Bosch, Martin Holtom et collection personnelle de Tifany Huot-Marchand

La rentrée
J’ai entendu plusieurs genèses de carrières de patineurs dans les trois dernières années, mais peu m’ont fait autant sourire que ce bucolique récit de l'invitation de cette voisine qu'a partagé avec moi Tifany Huot-Marchand en entrée de jeu de cet entretien. «Je n’étais jamais montée sur des patins avant cette sortie improvisée avec la voisine. La première fois que je suis montée sur des patins c’était lors de cette sortie et c’était sur des patins de vitesse. Ma sœur et moi avons trouvé ça génial. On faisait la course, on allait vite, on s’amusait avec nos copains et voilà comment je me suis retrouvé à faire du short track. Avant ce moment, je faisais du sport à l’école mais jamais dans un club. Le short track est devenu mon premier sport de club et mes parents ont fait pendant plusieurs années l’heure d’aller et l’heure de retour pour que je puisse  pratiquer mon sport. Je leur en serai toujours reconnaissante.» 

La récréation
Pendant longtemps, le patinage de vitesse courte piste n’a été que du plaisir pour la Française. Ce n’est que lorsqu'elle a fait le saut vers Font Romeu pour joindre les rangs du pôle compétitif Français en 2010 qu’elle a pris conscience que son sport prenait une tangente plus sérieuse même si pour elle le plaisir doit toujours faire partie de l’équation. Une philosophie qui me rappelle mon échange de 2018 avec Thibaut Fauconnet. Huot-Marchand avoue être inspirée par la légende Française qui a mis fin à sa carrière avant le début de la saison actuelle et qui fait maintenant partie du personnel d’entraîneurs de l’équipe américaine. «J’ai beaucoup appris de lui depuis que je le côtoie, à le regarder patiner, à parler avec lui. Je pense qu’il faut garder dans l’esprit que ce sera toujours un jeu. Depuis que je connais Thibaut j’ai une autre vision des choses et ça m'apaise vachement. Sur la glace je me dis qu’on est tous là entre copains pour faire la course comme à la récréation quand on était petit.»


L'an dernier, Tifany Huot-Marchand a agrandi sa cours de récréation compétitive le temps d'une journée prenant part à une compétition de roller à Pamplona en Espagne. Placée dans la catégorie Élite considérant son statut d'athlète sur la glace, l'initiation ne fut pas de tout repos. «Je ne suis pas très bonne en roller et comme on m'avait mis dans la classe Élite j'ai dû partir en premier parmi les meilleurs. Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça se pousse autant et je suis tombée, mais c'était tout de même vraiment cool comme expérience.»


Les nouveaux collègues de classe
Alors que pendant plusieurs années l’équipe française a semblé reposer principalement sur les épaules de Thibaut Fauconnet et Véronique Pierron, les dernières saisons laissent pointer un renouveau. Des jeunes comme Gwendoline Daudet, Aurélie Monvoisin, Quentin Fercoq et Diané Sellier sont venus épauler les Huot-Marchand, Pierron. Navarro, Migunov et Lepape permettant à la France de se relancer dans une quête de médailles aux épreuves de relais. Une situation qu’il fait bon vivre pour l’athlète de 25 ans. «Il peut être parfois pesant d’avoir une carrière de short track dans un pays où le sport n’est pas du tout médiatisé. Il y a très peu de licenciés d’où le fait qu’il y a peu de relève aussi. En ce moment il y a quand même un renouveau. J’espère qu’il y aura de la relève derrière parce que c’est bien d’être quatre filles mais on est que quatre et c’est parfois difficile, mais je nous sens vraiment fortes. C’est un peu le même scénario chez les garçons. Ça faisait pas mal de temps qu’on n’était pas partie aussi nombreux en compétition et ça fait du bien. On se sent forcément plus fort quand on est plus nombreux et c'est motivant.» 

Malgré les difficultés qui peuvent émaner d’une carrière d’athlète élite dans un sport n’ayant pas de volet professionnel ni une grande couverture médiatique, Tifany Huot-Marchand n’est pas capable d’imaginer sa vie en ce moment sans le patin. «Il est difficile pour moi de décrire comment je me sens sur la glace. Je prends du plaisir même à l’entraînement. En compétition, que je passe la ligne en première ou en troisième position si j’ai donné tout ce que j’ai alors je n’ai pas de regret. Puis au niveau des feelings, ça peut paraître un peu cliché mais on se sent parfois invincible, on se sent pousser des ailes sur la glace et c’est exactement ça que j’aime et que je recherche.»

Première de classe
Cette saison, la patineuse avait en tête de remporter sa première médaille individuelle en Coupe du monde. Cet objectif a été atteint à Dresde lors de la cinquième manche de la saison. Une médaille de bronze sur 1500m, un podium où se retrouvait également la champione du monde 2019 Suzanne Schulting et la jeune sensation russe Sofia Prosvirnova. En plus de cette médaille individuelle Huot-Marchand, flanquée de ses acolytes, a remporté une médaille de bronze au relais par équipe mixte lors de la même manche de Coupe du monde. Quand on jette un œil aux différents classements de la saison, la Française a terminé au 11e rang sur 1500m, le meilleur résultat parmi tous les athlètes français en courte piste cette saison.

Lors de notre rencontre, l’athlète originaire de Besançon me confiait également souhaiter monter sur un podium lors des prochains Championnats du monde. La présentation des Championnats du monde 2020 étant toujours en péril, Huot-Marchand devra peut être attendre à l'an prochain pour impressionner la cours d'école.

Abonnez-vous à notre infolettre, suivez notre page Facebook, notre compte Instagram et notre compte Twitter pour ne manquer aucune nouvelle sur le patinage.  

Tifany Huot-Marchand: "Like in the school playground when we were kids."


Born in a small village of a hundred souls, it’s through a neighbor and her kids that young Tifany Huot-Marchand, nine years old at the time, discovered short track. She was invited by that neighbor, who had practice the sport in the past, to join them on a hour-long trip to Belfort to put on skates for the first time. An offer that would end up changing her life.

By Carl Savard
Photos by Oscar van den Bosch, Martin Holtom and Tifany Huot-Marchand's personal collection

The first day in school
I’ve heard many stories of how speed skating entered the life of athletes but few have made me smile as much as the  bucolic account of Tifany Huot-Marchand’s debut on skates. "I'd never been on skates before this impromptu outing with the neighbour and my friends. It was the first time I got on skates and it was on speed skates. My sister and I thought it was awesome. We were racing, going fast, having fun with our friends and that's how I ended up falling in love with short track. I used to play sports at school but I had never joined a club. Short track became my first official sport and for several years my parents drove an hour to the rink and back so that I could practice short track. I'll always be grateful to them for that." 

For a many years, practicing the sport was all fun for the French athlete. It’s only in 2010 when she joined the competitive training grounds of the CREPS Font Romeu, a high-level sports performance center located in the heart of the Catalan Pyrenees Regional Natural Park that things became more serious. But talking with Huot-Marchand is also having the impression of talking to French legend Thibaut Fauconnet: pleasure has to stay a major part of the process when reaching for the top. On that matter, she speaks highly of Fauconnet who just retired last summer and joined the coaching staff of the American short track team.  "I've learned a lot from Thibaut since I've been around him. By talking to him and watching him skate. I think you have to keep in mind that it's always going to be a game. Since I've known Thibaut, I see things differently and that's really calming me down. On the ice I tell myself we're all here as friends to race like we did in the school playground when we were kids."

Last year, Tifany Huot-Marchand expanded her competitive playground for a day taking part in an inline speed skating competition in Pamplona, Spain. Placed in the Elite category considering her status as an athlete on the ice made it for a tough first time. "I'm not very good in roller and since I had been placed in the Elite class I had to start among the bests. I wasn't expecting it to push that much and I fell, but it was still a really cool experience."



The new friends
While for many years the French team seemed to be mostly resting on Thibaut Fauconnet’s and Véronique Pierron’s shoulders, a breath of fresh air seems to have reach France as young skaters such as Gwendoline Daudet, Aurélie Monvoisin, Quentin Fercoq and Diané Sellier have come to support Tifany Huot-Marchand, Véronique Pierron, Tristan Navarro, Dimitry Migunov and Sébastien Lepape allowing France to get back into relay action. A situation that even though is not perfect, does bring  a smile to 25-year-old Huaut-Marchand. “It can sometimes be difficult to have a short track career in a country where the sport has no media coverage at all. There are very few licensees, hence the fact that there are few newcomers in the team. At the moment there is a revival. I hope that there will soon be another wave of athletes because it's good to have four girls, but it's still only four and it's sometimes difficult. I do feel we're really strong though. It's kind of the same scenario with the boys. It's been a long time since we've had this many of us getting on the road and competing and it feels good. It’s highly motivating to have a bigger team and it makes you feel stronger." 

Despite the many difficulties attached to being an elite athlete in a sport lacking media coverage and not offering a professional circuit where athletes could make more money,  Tifany Huot-Marchand can’t imagine her life without practicing the sport. "It's hard for me to describe how I feel on the ice. I'm having fun even in practice. In competition whether I cross the line in first or third place if I have given everything I have then I have no regrets. In terms of feelings, it may sound a bit cliché but sometimes you feel invincible, you feel like you're flying on the ice and that's exactly what I like and what I'm looking for."

Top of the class
This season, Tifany Huot-Marchand had in mind to win her first individual World Cup medal. This goal was achieved in Dresden in the fifth round of the season. A bronze medal in the 1500m, a podium that also featured the 2019 World Champion Suzanne Schulting and young Russian sensation Sofia Prosvirnova. In addition to this individual medal, Huot-Marchand and her teammates won a bronze medal in the mixed relay event at the same competition. When looking at the different rankings of the 2019-2020 season, the Besançon-born athlete finished 11th in the final ranking of the 1500m. She was without a doubt  the best French athletes in short track this season. When we met, she also confided to me that she would also like to be on the podium at the World Championships. Since the 2020 event is presently on hold, she may have to wait before impressing her friends in the school yard. 

Don't forget to subscribe to our newsletter, follow our Facebook page, our Instagram account and our Twitter account for daily news and results about speed skating.