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14 décembre 2021

Ce n'est qu'un aurevoir



Elise Christie a annoncé officiellement aujourd'hui sa retraite de la compétition.

Par Carl Savard

Photo par Martin Holtom

Je me rappelle clairement du moment où j’ai vu Elise Christie patiner pour la première fois. C’était lors des Jeux olympiques de Vancouver. Je m’intéressais au patinage de vitesse courte piste depuis très longtemps et j’avais l’habitude de suivre les exploits des athlètes canadiens, mais comme beaucoup trop d’amateurs de sport, mon intérêt était surtout concentré sur les compétitions lors des Jeux olympiques. Comme je l’avais fait lors de tous les Jeux précédents depuis l’arrivée du courte piste aux Olympiques, j’avais bien l’intention de suivre les courses de près. Elise avait 20 ans à l’époque et il était clair qu’au niveau technique et stratégique elle n’était pas encore de niveau avec les grands du sport, mais il n’y avait aucun doute sur son potentiel et sa force physique. Un diamant brut. Lors de sa vague quart de finale sur 500m, elle avait entre autres patiné contre Marianne St-Gelais. Elle semblait plus rapide par moment que la Canadienne, mais ne possédait pas les outils nécessaires pour prendre les devants. Ces jeux ont été le début d’une belle carrière pour Élise Christie et ont aussi changé quelque chose pour ma famille. L’automne suivant, mon fils a débuté le courte piste et depuis maintenant 5 ans nous sommes ensemble aux commandes de Passion/Patin/Vitesse.

Lors des Jeux de Vancouver en 2010, je ne croyais pas qu’un jour je plongerais dans ce milieu au point d’en écrire des articles et d’avoir le privilège de rencontrer les acteurs principaux de ce merveilleux sport. Je me souviens que j’étais un peu nerveux avant ma rencontre avec Elise en 2018. Je l’avais toujours vu comme une athlète travaillante qui faisait de son mieux avec les outils qu’elle possédait et ceux que sa modeste fédération pouvait lui offrir. J’avais suivi son cheminement de Vancouver jusqu’à son titre de championne du monde en 2017 et j’étais devenu un fan. Il est toujours un peu dangereux d’avoir la chance de rencontrer une personne dont on admire les exploits. La rencontre peut être décevante. Quand nous nous sommes finalement rencontré pour une entrevue, quelqu’un venait juste de renverser un café sur elle et j’avais bien peur qu’elle n’écourte la rencontre. Il n’en fût rien. Elle a été honnête, drôle, ouverte. Nous avons échangé sur les bons et les mauvais côtés du sport, mais aussi de la vie en général. Même si je sais que sa vie a été par la suite encore plus mouvementée, elle ne s’est pas laissée abattre et en est ressortie plus forte. Je sais que son rêve ultime était de devenir championne olympique, mais je fais partie de ceux qui placent le titre de championne du monde devant celui de championne olympique. 


Ô Championne, Ma Championne

"c'est pour toi le drapeau hissé – pour toi le clairon vibrant"


Assez avec mes impressions, voici maintenant la publication officielle qu'Elise Christie a partagé plus tôt aujourd'hui.


"Comme j'ai repoussé ce moment. 


J'aurai beaucoup de choses à dire et je sais que beaucoup de gens auront plusieurs questions... mais pour l'instant, il est temps d'annoncer ma retraite du patinage de vitesse courte piste. 


Ce n'est pas la dernière fois que vous me verrez dans le sport, mais je m'engage dans une nouvelle aventure sur un chemin différent. 


Dans mon coeur, une page du scénario sera toujours manquante parce que je n'ai jamais atteint mon objectif final. Mais je quitte ce sport en sachant qu'il est entre de bonnes mains, avec des patineurs capables de faire ce que je n'ai pas pu faire.


J'ai changé ce sport dans ce pays, j'ai défié les probabilités, je n'ai jamais cherché d'excuses quand j’avais moins que mes adversaires, et je repars avec plus de 70 médailles de Coupe du monde, d'Europe et de championnats du monde, et une quatrième place aux Jeux olympiques..... Seules trois de ces médailles ont été remportées dans des épreuves par équipes. J'ai également battu le record du monde sur 500m. 


Je ne suis pas une olympienne décorée, mais je suis une athlète décorée. 


Je suis désolé de vous avoir laissé tomber, et je suis très reconnaissante envers tant de personnes... surtout envers @uk_sport qui m'a soutenu pendant toute ma carrière. 


Pour l'instant, je vais me concentrer à aider reste de l'équipe et me lancer dans le coaching... Je ne vais pas révéler pour l'instant mes projets sportifs pour 2026, mais le rêve de médaille olympique n'est pas terminé. 


Beaucoup d'amour à tous"


-Elise


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2 février 2019

Dresden Jour 2: la Corée et le Canada au sommet / Mascitto sur le podium au 1000m


C’était la deuxième journée de compétition au EnergieVerbund Arena de Dresden en Allemagne et les amateurs de courte piste ont eu droit à des finales hautement excitantes sur les distances au programme aujourd’hui.

Par Carl Savard
Photo par Schaats Foto’s

Après une première journée remplie d’événements inhabituels, les athlètes qualifiés pour le tableau principal sur 1500m et sur l’un des deux 1000m au programme du weekend s’affrontaient aujourd'hui pour monter sur le podium. Certaines équipes devaient également batailler pour se mériter une place en grande finale aux épreuves de relais de demain.

1500m: Kim Ji You et Kim Gun Woo l’emporte
Dans l’une des finales de 1500m les plus excitantes de la saison chez les femmes, Kim Ji You de la Corée l’a emporté devant la Canadienne Kim Boutin et la Néerlandaise Suzanne Schulting. La championne du monde en titre sur la distance et au cumulatif Choi Min Jeong était également de cette finale. Elle termine au 5e rang mais semblait très heureuse de voir sa compatriote monter sur la plus haute marche du podium aujourd'hui.

La finale du 1500m chez les hommes a été tout aussi excitante. Le Français Thibaut Fauconnet, le Japonais Keita Watanabe, le champion du monde 2018 Charles Hamelin et son compatriote canadien Steven Dubois, l’Italien Yuri Confortola et les Coréens Kim Gun Woo et Lim Hyo Jun avaient rendez-vous en grande finale. Après une course âprement disputée, les deux Coréens se sont attaqués à Charles Hamelin tentant de le passer au même moment de l’intérieur et de l’extérieur. Le vétéran canadien aura su résister à Lim Hyo Jun pour terminer deuxième derrière Kim. Lim termine au troisième rang. Steven Dubois qui avait fait preuve de sang froid en fin de course lors des demi-finales, termine quatrième.



1000m (1): Un podium bien mérité pour Mascitto
Après avoir coursé une demi-finale sans faute lui permettant de se présenter en grande finale, l’Italienne Cynthia Mascitto, bien connue des amateurs du Québec qui l’ont vu se développer dans le système canadien avant de joindre les rangs de l’équipe italienne, s’est méritée la médaille de bronze du 1000m (1) aujourd'hui. La Russe Sofia Prosvirnova remporte l’épreuve terminant juste devant la Coréenne Choi Ji Yun. La Canadienne Alyson Charles termine quatrième.

Chez les hommes, le Canadien Charle Cournoyer allait devoir croiser le fer avec le Hongrois Liu Shaolin Sandor et les Coréens Hwang Dae Heon, Hong Kyung Hwan et Park Ji Won s’il voulait aider le Canada à remporter une troisième médaille lors de cette deuxième journée de compétition à Dresden. Défi relevé pour le patineur de 27 ans qui remporte la médaille d’argent terminant deuxième derrière Hwang Dae Heon. Hong Kyung Hwan termine au troisième rang.

Les relais: première visite en grande finale pour les Britanniques au relais mixte
Lors de l’annonce de l’arrivée de la nouvelle épreuve de relais mixte, la Britannique Elise Christie nous avait confié qu'elle espérait que la Grande-Bretagne pourrait y prendre part. C’est avec un énorme sourire que les Britanniques se présenteront en finale A demain pour la première fois. Ils devront affronter la Corée, la Russie et la Hongrie. Du côté du relais 3000m chez les femmes, le Canada, la Russie, la Corée et les Pays-Bas devraient se livrer une lutte de tous les instants. Même scénario à prévoir du côté des hommes sur 5000m puisque le Canada, la Chine, le Japon et la Hongrie s’affronteront. La Hongrie devra par contre se passer des services de Liu Shaoang, blessé à une main vendredi lors des qualifications.

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2 juillet 2018

Coup de théâtre en Grande-Bretagne


UK Sports cesse le financement du programme de patinage de vitesse courte piste en Grande-Bretagne.


Par Carl Savard
Photo par Martin Holtom

Alors que la Chine investit en vue des Jeux olympiques d’hiver de 2022 en engageant l’un des meilleurs entraîneurs de la planète, le Canadien Derrick Campbell, la Grande-Bretagne prend le chemin inverse et cesse le financement de son programme de patinage de vitesse courte piste via l'entité UK Sports. Même s'il était évident depuis quelques saisons que l’équipe Britannique était en période de transition suite aux départs de plusieurs athlètes de l’équipe masculine et plus récemment celui de Charlotte Gilmartin, il est difficile d’imaginer rebâtir en force cette équipe alors que l’aide gouvernementale lui est retirée.

La championne du monde 2017, Elise Christie a réagi sur les médias sociaux suite à l’annonce de UK Sports: «En tant que programme sportif, il fait mal au cœur d’annoncer que le support financier provenant de UK Sports prend fin. En tant qu'équipe, nous allons travailler d’arrache-pied pour décider de la suite des choses. Nous voulons tout de même remercier tout ceux qui nous ont supporté dans les dernières années y compris UK Sports.» Christie qui est la figure de proue du courte piste en Grande-Bretagne, recevra tout de même une aide financière individuelle de la part de UK Sports basée sur ses performances obtenues durant sa carrière. Le programme quant à lui perd son financement tout comme le bobsleigh, le patinage artistique et le curling en fauteuil roulant.

Pendant que ces quatre sports se voient retirer l’aide qu'ils avaient reçue pour le dernier cycle olympique, le curling, le skeleton, le ski, le para-ski et la planche à neige ont vu leur budget augmenter.

Nous vous tiendrons informés des développements dans cette affaires.

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17 juin 2018

#EntrevueDeVitesse ÉDITION SPÉCIALE - Entrevue complète avec Charlotte Gilmartin


Depuis plus d’un an maintenant, nous vous avons partagé plus d’une trentaine d’épisodes de notre série #EntrevueDeVitesse. Ces clips, mettant en scène des patineurs de niveau provincial canadien jusqu’aux meilleurs athlètes de la planète courte piste, durent normalement entre 40 et 60 secondes. Le temps de courser un 500m, selon que vous soyez un débutant ou que vous pourchassiez Wu Dajing.

Depuis l’annonce du départ à la retraite de Charlotte Gilmartin, nous nous demandions si nous allions maintenant utiliser les images de l’entrevue que nous avons fait avec elle en Mars à Montréal. Nous avons finalement décidé de sortir du cadre habituel de la série et de vous présenter dans son entièreté les images de notre rencontre avec la sympathique athlète Britannique.

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10 juin 2018

Elise Christie: se battre jusqu'au sommet


Même si ses présences aux Olympiques ont été difficiles jusqu'à présent, personne ne peut blâmer le manque d’efforts de la blonde Britannique. Au cours des huit dernières années, elle s’est battue avec ardeur pour se rendre au sommet. Pendant que les amateurs occasionnels et les médias anglais focalisent sur le fait que ses performances aux Olympiques ont été désastreuses, les passionnés continuent de savourer le spectacle qu'elle offre sur la glace. Elle est devenue en 2017, la première Européenne à être couronnée championne du monde en 42 ans d'existence de ces championnats.

Par Carl Savard
Photos par Carl Savard, Martin Holtom, Oscar van den Bosch et collection personnelle d'Elise Christie

Rencontre au centre du ring
Décembre 2016, c’est à ce moment que mon partenaire et moi décidons de lancer Passion/Patin/Vitesse. Pendant que nous commençons à offrir du contenu sur Facebook et Instagram, je m’affaire à mettre sur pieds un site web. Histoire de faire des tests de mise en page, j'utilise une fausse nouvelle pour voir de quoi aura l’air le rendu du site une fois que des articles y seraient publiés. Je choisis donc une photo d'Elise Christie et un titre: «Elise Christie est votre nouvelle championne du monde!» À l’époque, Christie n'est pas encore championne, mais en me basant sur ses performances du début de saison, j’étais confiant que ma prédiction se réaliserait. C’est dans les premiers instants de notre rencontre, en marge des Championnats du monde ISU à lesquels elle ne pouvait participer pour cause de blessure, que j’ai partagé avec Elise Christie cette anecdote. «Wow merci, c’est très gentil! Je crois que tu étais plus confiant que moi! Tout semblait facile durant cette saison 2016-2017» de répliquer Christie avec le sourire. Il y a des saisons comme ça dans la vie des plus grands athlètes où tout semble vouloir se mettre en place avec aisance. On appelle ça le timing. Tout le contraire de la plus récente saison alors que la patineuse originaire d’Écosse à dû se battre avec des blessures, dont une majeure lors des Jeux de Pyeongchang. «J’avais vraiment l’impression d’être plus forte cette année. À l’entraînement, j’étais plus rapide que par le passé, mais j’avais de la difficulté à trouver les bons ajustements et j’ai dû composer avec plusieurs blessures. Durant la saison, je n’ai pas eu l’occasion de courser beaucoup. Je me contentais de m’accrocher. Je comprends que j’étais vu comme une possible championne olympique à l’ouverture des Jeux, mais j’étais loin d’être dans les meilleures dispositions pour le devenir.» Je débute normalement mes rencontres d’entrevue pour écrire des portraits par l’enfance. Dans le cas présent, considérant que ses résultats aux Jeux avaient tellement fait parler, je me devais  de me débarrasser de l’éléphant dans la pièce, mais j’avais surtout envie d'échanger sur son désir de patiner malgré la douleur. «Après ma blessure aux Jeux, on m'avait mis en garde concernant les risques que j’encourais en décidant de poursuivre la compétition. Ma cheville était pratiquement deux fois plus grosse que d'habitude et je me souviens que le matin où j’ai participé à la période d’échauffement après 48h d’inactivité complète, je me faisais larguer par Charlotte et Kat et même si elles sont de bonnes patineuses, d’habitude c’est plutôt le contraire qui se produit. C’est là que j’ai commencé à me dire ‘Est-ce que ça vaut vraiment la peine de continuer?’ J’ai fini par penser aux jeunes Britanniques à la maison qui me regardaient et à me dire que l’adrénaline me ferait tenir le coup et ça été le cas lors du premier départ. Je voulais vraiment donner tout ce que j’avais pour la Grande-Bretagne parce que, pendant plusieurs années, il y avait eu peu d’espoir en courte piste pour le pays. J’avais envie que ça change. Je sais que je suis solide et que je peux être dure physiquement avec mon corps alors je suis retourné à la ligne de départ à la reprise, mais ça ne s’est pas terminé comme je l’aurais souhaité.» Christie est retournée au pays avec deux ligaments amochés et un tendon partiellement déchiré qui lui auront demandé quelques mois de réhabilitation.

Au moment de publier cet article, Elise Christie venait à peine de rechausser ses patins, après trois mois et demi en dehors de la glace. 

Les premiers assauts
Même si elle est âgé de 27 ans, Elise Christie ne possède pas autant d’expérience en courte piste que plusieurs pourraient le croire. C’est à l’âge de 13 ans qu'elle a donné ses premiers coups de patin sur 111m, mais à l’époque le courte piste était une activité qu'elle pratiquait environ une fois par mois pour se changer les idées de ses entraînements de patinage artistique. Vers l’âge de 16 ans, alors que la majorité des jeunes athlètes sont à décider s'ils veulent mettre tous les efforts nécessaires pour tenter l’aventure d’une carrière sportive de haut niveau, Christie arrête tout pour se concentrer sur l’école. «Je n’ai pas grandi dans une famille hautement axée sur le sport. Ma famille était plutôt dirigée vers la performance académique. Je n’ai jamais rêvé des Jeux olympiques quand j’étais jeune. Je faisais du sport parce que j’étais compétitive et que j’aimais ça, mais quand je pensais au futur c’était plus à quelle école j’allais étudié et à quel emploi j’aurais plus tard que je pensais. Ma mère voulait que je reste active donc elle m’a un peu forcé à reprendre le courte piste pour au moins un an. Elle ne voulait pas que je réalise plus tard que j’avais peut être raté une opportunité. J’y allais sans vraiment avoir d’objectif. J’avais une certaine facilité au niveau de la technique. J’ai commencé à m’entraîner de plus en plus fréquemment et de plus en plus fort et j’ai fini par rejoindre le circuit de Coupe du monde et me qualifier pour les Jeux de Vancouver. Je me souviens m’être dit ‘Wow, c’est plutôt cool!’ mais ce n’est qu'après ces premiers Jeux que j'ai décidé que je voulais poursuivre une carrière en courte piste. Cette même année, j’ai participé à ma première grande finale aux Championnats du monde et je l’ai fait en patinant de l’avant et en me battant avec les autres. Je me suis dit ‘À partir de maintenant, ils vont devoir me battre’ J’avais décidé que les autres ne pourraient plus me prendre à la légère.»


Remporter la ceinture
Entre les Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et ceux de Pyeongchang en 2018, Elise Christie a remporté 37 médailles en Coupe du monde dont 15 d’or. Elle a également remporté 17 médailles de Championnats Européens étant entre autres couronnée grande championne Européenne à deux reprises. Même si elle ne possède pas de médaille olympique, c’est 12 médailles en Championnats du monde qui font partie de sa collection dont un titre de Championne du monde 2017 au cumulatif. Elle est également détentrice du record du monde sur 500m. Quand je lui ai fait remarquer que j’avais le sentiment que quelque chose avait changé durant la saison 2016-17, elle a confirmé mon impression. «J’avais toujours en tête que la Grande-Bretagne ne gagnait jamais et après les Jeux Olympiques de Sotchi, j’ai développé une profonde peur de l’échec. Je me suis mis à m’en faire beaucoup trop quant à ce que les gens pensaient de moi et lorsque je me trouvais en situation pour remporter une médaille d’argent ou de bronze, je n’essayais plus rien, je me contentais d’une médaille de peur d'échouer en voulant plus. En 2016 quand je suis revenu des Championnats du monde à Séoul, Shaolin m’a un peu remise à ma place me demandant pourquoi je m’étais contenté de ma position. Il était peiné par ma situation parce qu'il fait partie de ceux qui savent à quel point je travaille fort. Cet été là a été difficile. Je me sentais épuisé et quand j’ai retrouvé l’équipe pour la saison suivante, j’ai dis au entraîneurs et aux responsables que je me foutais que les Olympiques soient dans deux ans et que j’allais maintenant jouer le tout pour le tout. Je leur ai expliqué que des médailles d’argent et de bronze supplémentaires ne m’apporteraient absolument rien. J’avais décidé que durant cette saison ce serait tout ou rien et que je n’aurais plus peur de l’échec et ça a fonctionné.» Et c’est comme ça qu'Elise Christie est devenue championne du monde.

Les prochains combats
À 27 ans, la jeune femme n’est pas prête à accrocher ses patins. «Je sais que je veux poursuivre ma carrière d’athlète car je suis très compétitive et j’ai bien sûr le sentiment d’une œuvre inachevée. Je serai de retour l’an prochain et j’ai l’intention d’être aux Championnats du monde, mais je veux également faire un essai en longue piste. J’ai reçu énormément de critiques au cours de ma carrière et je me dis souvent que je ne vois pas comment je pourrais retourner aux Jeux olympiques et revivre les même expériences, mais j’aime encore patiner. Je vais définitivement prendre une approche différente à partir de maintenant et m’assurer que si je poursuis encore jusqu'aux prochains Jeux olympiques, je serai à mon mieux physiquement et mentalement. Je ne vais plus gérer chaque course comme un combat. Je le fais depuis huit ans, je dois maintenant me préparer autrement.»

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1 mai 2018

Charlotte Gilmartin: à la croisée des chemins


La carrière d’athlète élite apporte son lot de périodes de réflexions et de remises en question, surtout à la suite d’événements majeurs bons ou mauvais. C’est dans l’une de ces périodes remplies de points d’interrogation que j’ai rencontré la Britannique Charlotte Gilmartin il y a quelques semaines à la conclusion d’une saison qui pourrait avoir été sa dernière. Vraiment?

Par Carl Savard
Photos par Oscar van Den Bosch (@schaatsfotos), Martin Holtom, Stevie Coughlin et collection personnelle de Charlotte Gilmartin

Enfant, la petite Charlotte a grandi dans une famille peu encline à regarder du sport à la télé, trop occupée à en pratiquer. Elle a tenté l’expérience des arts martiaux avec le jiu-jitsu, s’est adonnée au foot (soccer) et adorait jouer au hockey dans la rue. “J’essayais tout!” me confiait Gilmartin alors que nous étions confortablement installés dans une aire commune au sommet du grand escalier de l'Hôtel Universel de Montréal. Comme plusieurs patineurs européens, c’est sur des roulettes que la petite Charlotte à fait ses débuts sur patins. “Je jouais au roller hockey. Vers l’âge de 12 ans, je suis allé à la fête d’une amie qui avait lieu à une patinoire. Je n’avais chaussé des patins à glace que deux fois auparavant. Sans perdre de temps, je me suis mise à courser et à lancer des défis à mon amie sur la glace. J’ai été remarqué par quelqu'un impliqué en courte piste qui a suggéré que je passe au club faire un essai. Dès le premier cours, j’ai adoré. Je me sentais à l’aise, à ma place. J’ai toujours été très compétitive et après deux ans j’ai joint l’équipe nationale.”

À son arrivée sur l’équipe nationale, on lui a vite demandé quels étaient ses objectifs. À cette époque, l’idée de batailler pour un titre de championne d’Europe ou même de remporter une médaille olympique étaient de peu d’intérêt pour Gilmartin. Elle ne voulait rien de moins que de devenir championne du monde. Vers l'âge de 17 ans, la jeune Britannique commence à remporter des victoires sur le circuit Star Class européen et l’insouciance de la jeunesse lui donne l’impression que le succès sera toujours au rendez-vous, même au niveau supérieur. “Tu penses innocemment que tu vas devenir la meilleure au monde et un jour la réalité frappe à la porte et tu réalises à quel point c’est difficile!” C’est sur un rire chaleureux que cette confidence a culminé. Un rire parfaitement assorti à un incroyable sourire qui fait de Charlotte Gilmartin une jeune femme d’agréable compagnie. “Vers l’âge de 18 ans, j’ai commencé à me demander si je serais vraiment assez forte pour réaliser mes rêves. J’ai finalement participé à mes premiers Jeux olympiques à l'âge de 23 ans et c’est à ce moment que j’ai pris conscience que je voulais à nouveau participer aux Jeux un jour, pour y offrir de solides performances et non me contenter de me rendre en quart de finale. Malheureusement, les Jeux de Pyeongchang ne se sont pas déroulés selon le plan prévu. Après les Jeux de Sotchi, j’ai réussi à gravir les échelons au niveau international et à éviter les blessures et ce jusqu'à cette saison. Je me suis blessé lors de la première compétition de la saison et une autre fois plus tard durant celle-ci. Je me suis présenté aux Jeux olympiques en sachant très bien que je n’avais pas pu faire tout ce qu'il fallait pour être à 100% et en croisant les doigts pour que tout se passe bien quand le temps serait venu de prendre part à la compétition. Tu essaies de te convaincre que tu dois rester confiant, mais ça n’a pas fonctionné pour moi. Je souhaitais avoir une bonne saison, éviter les blessures et tout donner pour par la suite peut-être prendre ma retraite, mais mes plans ont été contrecarrés. Ça n’a pas été ma meilleure saison en carrière et c’est très frustrant. Je n’ai pas encore décidé si je serai de retour la saison prochaine.”


Gilmartin a raison. Elle a connu de beaux moments après les Jeux de 2014, grimpant par le fait même dans le haut du classement mondial. Lors de la saison 2015-16, elle a remporté une médaille de bronze sur 1500m en Coupe du monde à Shanghaï avant d’être couronnée vice-championne d’Europe. La saison suivante, ses performances lui ont permis d’ajouter deux médailles de bronze en Coupe du monde lors des compétitions tenues à Minsk et à Dresden. Bien que digne de mention, ce ne sont pas les résultats qui tapissaient les rêves de la jeune Charlotte Gilmartin il y a un peu plus d’une décennie.

Et maintenant?
Un athlète élite en début de carrière n’a les yeux rivés que sur une chose: la réussite. S’entraîner, offrir de grandes performances, atteindre les plus hauts sommets. Des points de repères nobles qui devront éventuellement laisser place à un certain équilibre, au désir d’avoir une vie personnelle comblée ailleurs qu'entre les murs d’un aréna. Samedi dernier, la jeune femme de 28 ans originaire de Redditch en Angleterre, a uni sa destinée à son compagnon et ex-coéquipier Ian Upcott. Elle sait que sa carrière est avancée et que la fenêtre d’opportunités commence à se refermer et elle a déjà des idées pour son après carrière. “Je crois que quoi qu'il arrive, je serai toujours lié au sport. Après le patin, j’aimerais bien faire une transition vers le vélo. Pas de façon professionnelle, mais juste pour continuer de compétitionner. Mon copain a joint un club local de cyclisme suite à sa retraite du courte piste et il y a des similitudes avec le patinage au niveau des stratégies et du travail groupé. J’aimerais bien tenter l’expérience quand j’aurai pris ma retraite. Pour moi courser, c’est important!” Basé sur ses résultats, la place qu'elle occupe dans l’histoire du courte piste en Grande-Bretagne et cet élan de passion pour la compétition, je n’ai pu m’empêcher de lui demander si devenir entraîneur faisait partie de ses options. “J’aimerais bien sûr aider. Que ce soit au niveau des club, de l’équipe de développement ou de l’équipe nationale. Il y a une part de moi qui désir redonner à ce sport qui m’a tant apporté. J’aimerais aider les jeunes à atteindre leur plein potentiel. Dans un tout autre ordre d’idée, j’aimerais également redonner à la société en faisant le travail de pompier par exemple. Ce sont des avenues que j’étudie présentement et tout ça pourrait se concrétiser à tout moment à partir de maintenant.”

Charlotte Gilmartin est à la croisée des chemins et le choix qu'elle fera dans les prochaines semaines repose probablement sur un seul questionnement: est-ce que la saison 2017-18 était un signe de déclin ou seulement l’une de ses balles courbes que la vie nous lance pour tester notre résilience pendant notre ascension? Dans le cas de Gilmartin, j’irais pour la deuxième option, nous saurons dans quelques temps qu'est-ce que son cœur lui dicte. C'est là que la réponse se trouve après tout. MISE À JOUR: Le 25 mai, Gilmartin annonçait officiellement qu'elle accrochait ses patins. "Le temps est venu d'accrocher mes patins. Ce fût une aventure incroyable dans ma vie. J'aurais énormément de gens à remercier pour cette belle aventure. J'espère avoir l'occasion de le faire en personne sous peu."


29 octobre 2017

En bref: 29 octobre 2017


Texte: Carl Savard Photo: Tony Chung @SHORTTRACKHD

Elise Christie honorée

Le Sunday Times, journal britannique publié depuis 1821 et appartenant au magnat de la presse Rupert Murdoch, remettait jeudi soir dernier ses distinctions sportives annuelles. Cette cérémonie, mise sur pied il y a maintenant trente ans, tient à souligner l’apport important des athlètes de haut niveau, des entraîneurs et organismes dans le développement du sport féminin en Grande-Bretagne. C’est la triple championne du monde 2017 (1000m, 1500m et cumulatif) en patinage de vitesse courte piste Elise Christie qui est repartie avec le prix de l’athlète féminine de l’année. Elle a entre autre devancé la joueuse de tennis Johanna Konta, première joueuse britannique à avoir atteint la demi-finale à Wimbledon depuis Virginia Wade en 1978.



Seon-Yeong No veut gagner pour son frère



En 2014, la patineuse de vitesse sur longue piste Seon-yeong No était excitée à l’idée de participer aux Jeux olympiques de Sotchi avec son frère le patineur de vitesse sur courte piste Jin-kyu No. La vie allait malheureusement en décider autrement. Après qu'une blessure ait empêché le champion du monde junior 2010 et sénior 2011 de participer aux jeux avec sa sœur, un cancer détecté en 2014 allait emporter le jeune athlète de 23 ans en 2016.  Seon-yeong No, qui a déjà représenté la Corée du Sud à trois reprises aux Jeux olympiques, a confié au journal coréen Insight qu'elle rêve maintenant de remporter une médaille en l'honneur de son frère, devant les fans Coréen, lors des Jeux Olympiques de Pyeongchang 2018. Cette saison, qui pourrait bien être la dernière pour l’athlète de 29 ans, risque d’être remplie d’émotions. Une histoire à suivre.


Dernier marathon de roller d’importance à Jeonju


Le Français Ewen Fernandez et l’Allemand Felix Rijhnen ont mis un terme à leur saison 2017 de marathon de la même façon qu'ils l’avaient débutée en mai soit en terminant premier et deuxième d'un marathon de roller tenu en Corée. Ce dernier marathon d’importance de la saison se tenait à Jeonju alors que celui de mai était à Incheon. Le photo-finish a été nécessaire pour déterminer les positions deux, trois et quatre et c’est le Coréen Geun-Seong Son qui a finalement monté sur la troisième marche du podium. La Française Chloé Geoffroy a terminé deuxième chez les femmes alors que les positions un et trois sont allées à des patineuses coréennes. Le classement officiel n’ayant pas encore été partagé, nous vous donnerons plus de précisions sous peu concernant ses deux patineuses.